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Vie équestre

Licence sociale et bien-être équin dans les sports équestres : un débat incontournable

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Licence sociale et bien-être équin dans les sports équestres : un débat incontournable
Photo : Asurnipal — CC BY-SA 4.0

Les sports équestres à travers le monde affrontent leur plus grand défi à ce jour : la question de leur licence sociale d'exercer et l'alignement de leurs pratiques avec les attentes du public en matière de bien-être équin. Pour la FEI, l'instance dirigeante internationale, ce n'est plus seulement un problème de bien-être animal à résoudre par des ajustements de règles ; c'est une question d'acceptation générale du sport lui-même, et son urgence ne fait que croître.

Sommaire
  1. L'éclipse de l'acceptation sociale
  2. Ce que la FEI a examiné
  3. Changements spécifiques impulsés par la FEI
  4. Les preuves dont nous disposons
  5. Ce qui a été résolu, et ce qui reste

L'éclipse de l'acceptation sociale

La FEI a formé une Commission indépendante pour l'éthique et le bien-être équins en 2022, créée pour "examiner de manière indépendante les problématiques d'intérêt public et équestre susceptibles d'affecter l'acceptation sociale continue de l'implication des chevaux dans le sport." Le rapport du groupe a détaillé l'évolution de la perception publique : les chevaux ne sont plus simplement un élément accepté des sports équestres, mais un sujet légitime de préoccupation croissante, en tant que question de confiance publique envers le sport lui-même.

Selon la commission, la licence sociale d'exercer signifie que le public accepte la légitimité du sport, la validité de sa gouvernance et son adéquation aux valeurs sociales partagées. Et cette acceptation n'est plus acquise, surtout en matière de bien-être animal. Comme l'explique le rapport final de la Commission : "Le sport équestre doit aspirer à un cadre éthique supérieur de 'bonne vie pour les chevaux' où les besoins et intérêts des chevaux et des humains sont en parfait alignement.

Cela signifie placer les intérêts du cheval au-dessus des intérêts humains, et des résultats sportifs, à certains moments. Cela nécessite de créer et garantir un environnement où le cheval peut s'épanouir et prospérer. Que ce soit par des pratiques améliorées, des technologies, des installations ou des formats de compétition."

Le président de la FEI, Ingmar De Vos, a décrit les enjeux sans détour : "Pour notre sport, la licence sociale d'exercer signifie que le public accepte la légitimité du sport, la validité de la gouvernance, et notre conformité ainsi que notre engagement envers les valeurs et standards que la société attend de nous en tant que sport soucieux du bien-être du cheval."

Ce que la FEI a examiné

La Commission avait pour mission de fournir des recommandations politiques indépendantes et fondées sur la science pour l'ensemble du sport équestre. Elle a couvert un large spectre - les pratiques d'entraînement, de gestion, de performance et de compétition les plus pertinentes pour le bien-être équin, ainsi que des questions plus larges de gouvernance, transparence et application.

Le mandat incluait des recommandations "proactives" spécifiques dans un délai de 18 mois, une tentative ambitieuse de redéfinir les standards de bien-être du sport. Face à la liste des controverses qui ont entaché le sport ces dernières années, la Commission a examiné bon nombre des pratiques les plus débattues susceptibles d'influencer le débat sur le bien-être équin :

  • Le matériel buccal en dressage
  • La tension des muserottes dans toute l'équitation
  • La réglementation et l'application générales du bien-être
  • La communication et la transparence envers le public
  • Les standards de leadership

Même les universitaires ont perçu que le monde équestre était en pleine mutation, à la recherche d'une voie à suivre :

"Compte tenu des tendances sociétales et des préoccupations relatives au bien-être animal, il est probable que les sports équestres affrontent des défis sans précédent quant à leur licence sociale et devront prendre des mesures proactives pour assurer la durabilité des sports équestres et le bien-être de leurs athlètes équins. Dans cet article, nous avons suivi les changements globaux de règles, de sécurité et de structure dans le sport équestre, avec un focus particulier sur le dressage, entre 2017 et 2021. L'objectif était d'évaluer l'impact de ces réglementations et d'identifier si des mesures proactives avaient été prises pour répondre aux préoccupations sociétales quant à la durabilité du sport équestre, incluant la perspective des vétérinaires, cavaliers et du public," observait une revue de 2022 sur les prémices du bien-être équestre.

La Commission a traité toutes ces questions comme ouvertes, soumises à son vote.

Changements spécifiques impulsés par la FEI

La Commission a finalement recommandé une série de changements tangibles, guidée par ses conclusions sur les plus grands risques pour le bien-être :

  • Renforcer l'application des standards de tension des muserottes, avec une méthode basée sur des recherches publiées et des pratiques uniformes
  • Rendre optionnel un équipement précédemment obligatoire, incluant la bride double en Grand Prix de dressage et l'usage des éperons dans toutes les compétitions
  • Lier plus étroitement l'élimination pour des raisons de bien-être équin à une règle afin que les spectateurs comprennent son application

Ces mesures étaient considérées comme applicables dans le cadre du mandat de la Commission, mais le Conseil d'administration de la FEI devait encore les officialiser comme contraignantes avant qu'elles n'affectent le règlement et le déroulement des compétitions :

"Une bonne gestion de la santé des chevaux doit être imposée au sein de chaque équipe de course ou club équestre," a-t-il expliqué. "Aucun sponsoring pour ceux qui maltraitent les chevaux," ajoute-t-il.

Globalement, la Commission a tenté de couvrir les lacunes les plus importantes et visibles dans les standards de bien-être du sport, mais ce changement comportait aussi une dimension de leadership et de conformité.

Les preuves dont nous disposons

De nombreux changements concrets en matière de sécurité et de bien-être en compétition étaient en préparation depuis un an ou plus, selon la littérature scientifique :

"Les mesures de sécurité dans les courses et épreuves équestres ne sont pas nouvelles. Leur introduction et mise en œuvre sont cependant caractérisées dans la plupart des cas par une forte demande de courses hippiques, dépendant de la perception sociétale du bien-être équestre. Cet article examine de façon critique ces défis, passant en revue les études scientifiques publiées pour éviter les opinions subjectives des acteurs du sport," note PbC. Celles-ci incluaient les risques liés aux chutes, blessures des cavaliers, la surface de piste, et les chevaux récalcitrants ou agressifs, sensibles aux nouveaux standards.

Parmi les changements recommandés, la gestion des muserottes était documentée comme un problème concret ou une source de risque selon la littérature.

"L'usage de muserottes causait un inconfort additionnel et des douleurs buccales au cheval, et altérait sa respiration, posture et comportements. En moyenne, les chevaux avec muserotte présentaient une congestion des muqueuses, un œil en détresse et des symptômes plus marqués du côté gauche," note PbC. Et pourtant, de nombreux cavaliers ignoraient la gravité du problème, selon .

Ce qui a été résolu, et ce qui reste

La FEI a désormais mené une série élaborée de groupes de discussion mondiaux et de panels d'experts, conçus pour établir l'agenda et diffuser ses conclusions sur le bien-être. Mais la réponse appropriée reste une question de tactiques, de juridiction et de leadership.

Certes, certaines pratiques fondamentales ne sont plus imposées par la nécessité de la compétition - mais en matière de bien-être animal, les critiques affirment que tous ces changements ne sont que des pas timides, et attendent bien plus d'engagement public, de communication avec les parties prenantes, voire des transformations délibérées des grandes disciplines.

Beaucoup des militants les plus virulents estiment que les réponses sont dans l'animal lui-même, et insistent : les chevaux devraient être épargnés par l'expérience du sport - prémices d'un conflit avec l'existence même des disciplines.

Une chose est certaine : même si la FEI introduit chaque changement politique, le bien-être équin demeure le défi déterminant du sport. La grande question est : seront-ils suffisants pour préserver la confiance du public ?

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